Historique

APERCU HISTORIQUE:

En 761 de l'ère chrétienne, l'imam Abderrahmane Ibn-Rostoum chef religieux Kharédjite d'origine persane, quitte Kairaoun et fonde TIHERT-LA NEUVE qui deviendra la capitale du premier Etat musulman du Maghreb où s'organisèrent à la fin du VIIIème siècle le royaume Aghiabide à l'est en l'an 800 et le royaume Idrisside à l'ouest en l'an 789.

La doctrine Kharédjite s'était opposée à la désignation du calife par hérédité. Elle préconise le choix du chef de la communauté parmi les plus pieux, les plus sages et les plus savants parmi les musulmans, comme étant digne de ce choix. Ce qui préfigure déjà à cette époque le concept de la liberté et de la démocratie dans le choix des hommes appelés à gouverner.

Les chroniqueurs rapportent que Abderrahmane Ibn-Rostoum gouverna toujours avec tant de justice que personne ne s'éleva ni contre ses jugements ni contre ses décisions et qu'aucune scission ne se produisit sous son règne.
Le premier Imam du premier Etat musulman dans le Maghreb participera lui-même à la construction de la cité qu'il implante à une dizaine de kilomètres à l'ouest de l'ancienne ville berbère Tihert. La nouvelle capitale royale du Sidilimassa dans le Tafilalet marocain jusqu'au Djebel Nefoussa en Kabylie. Son influence gagne des contrées orientales si bien qu'elle deviendra l'émule de la prestigieuse Baghdad en Irak.
 
Tihert, en effet, attira des gens d'origines et de croyances diverses. Les uns venaient pour faire prospérer leur commerce, les autres étaient en quête de sciences et de cultures .La ville abrita de nombreux savants et devint donc un foyer intellectuel de grande réputation où l'on venait s'instruire dans le droit, l'astronomie, la théologie, la grammaire, les mathématiques…

Abderrahmane Ibn-Rostoum s'attacha à cultiver chez chaque croyant le sentiment de tolérance et de solidarité.
Avec l'avènement des Fatimides en 909, se formera la glorieuse page du royaume Rostémide qui contribuera à l'expansion religieuse et culturelle dans le Maghreb et dans d'autres contrées.
Les Ibadhites de Tihert gagneront le sud algérien pour s'installer d'abord à Sedrata avant de remonter dans la vallée du M'zab.
 
Pendant le règne des dynasties qui se succédèrent dans le Maghreb, Tihert perdra le prestige de la florissante époque des rostémides. Son rôle s'effacera au fil du temps. La ville, ou ce qu'il en restera, dépendra tantôt de la Kalaa des Beni-Hammad, tantôt de Kairaoun, tantôt de Tlemcen.

Sous le règne des Turcs, Tihert sombre totalement dans l'anonymat. La ville devient le siège d'un caïdat qui relèvera de l'Aghalik d'Oran. Quand le Beylicat fut institué, Tihert dépendit de celui qui avait pour siège Mascara. Au fur et à mesure que l'on avance dans le temps, Tihert périclite et s'évanouit.